8,75 M$ pour 77 points
133 signatures, 239,9 M$ engagés, 23 clubs actifs sur 26. Les gros noms sont partis vite et cher — un attaquant à 8,75 M$, un gardien à 3,80 M$, un défenseur à 96 en défensive pour le prix d'un joueur de quatrième trio. Voici ce que chaque club a vraiment obtenu pour son argent.
Commençons par le haut, parce que c'est là que l'été s'est décidé.
Taylor Hall est le plus gros contrat des cinq premières rondes : 8,75 M$ pour un an, signé par Leblanc à
Los Angeles. C'est beaucoup d'argent dans une ligue à 65 M$ de plafond — 13 % de la masse d'un club sur une seule tête. Et pourtant, c'est difficile de dire qu'il a payé trop cher. Hall arrive avec une cote de tir de 86, une passe de 83, un patin de 88 et une endurance de 91 — le profil offensif le plus complet du marché. Surtout, il a produit 77 points et un différentiel de +21 la saison dernière. C'est la meilleure récolte de tout le groupe d'agents libres, et de loin. Leblanc a payé le prix fort pour la seule certitude disponible.
Derrière lui, deux autres attaquants ont dépassé les 7 M$. Mark Stone file à
Pittsburgh pour 8,25 M$ sur 3 ans, avec la plus haute cote de tir de tout le marché (87), un maniement de 87 et 69 points au compteur. Nikita Kucherov débarque chez les
Devils du New Jersey à 7,90 M$ sur 3 ans — tir de 86, maniement de 87, 60 points et 112 mises en échec. Trois hommes, 24,9 M$ à eux seuls : autant que tout ce que la Floride a dépensé sur onze joueurs.
À la ligne bleue, l'histoire est inverse — et c'est là que ça devient intéressant. Le meilleur défenseur signé cet été n'a coûté que 1,20 M$ : Chris Tanev, resigné par Gadbois à
Boston, arrive avec une cote défensive de 96 — la plus haute du marché, un différentiel de +23 (le meilleur du groupe) et 124 tirs bloqués. Juste derrière : Nikita Zaitsev à 95 en défensive (Montréal, 4,50 M$, 164 blocs), Oliver Ekman-Larsson à 93 avec 210 mises en échec et 149 blocs (Columbus, 4,65 M$), et Brett Kulak, également à 93, obtenu par Montanaro à
Vancouver pour 950 000 $ alors que 11 clubs le voulaient.
Devant le filet, le plus gros chèque est allé à
Washington. Paquette a mis 3,80 M$ sur Pheonix Copley, et il a acheté le meilleur profil de gardien du marché : 93 en arrêts, 92 en hauts, 92 en réflexes, 91 en rebonds — aucun autre gardien signé cet été n'approche ça. Son 91,71 % d'arrêts de la saison dernière est également le meilleur du groupe. Mais le marché des gardiens a aussi produit les deux plus belles aubaines de l'été : Al Montoya (Floride, 1,35 M$, 90,91 %) et surtout Carter Hutton, volé par Tremblay à
Winnipeg pour 550 000 $ avec 91,39 % d'arrêts et une fiche de 12-7.
Voilà le portrait du sommet. Maintenant, la vraie question : est-ce que l'argent a suivi le rendement, club par club ? Parce que quand on sort les 133 fiches une à une, certaines périodes d'agents libres ne ressemblent pas du tout à ce qu'on lisait sur Discord en juillet.
Les neuf : Jean-Gabriel Pageau (Washington), Tom Wilson (Seattle), Charlie Coyle (Los Angeles), Sam Bennett (Floride), Darren Raddysh et Erik Haula (Islanders), Jordan Staal et Josh Manson (Columbus), Kiefer Sherwood (Montréal).
Chaque fois qu'ils apparaissent ici, c'est signalé ↺ recréé. On ne juge pas un DG sur une statistique qui ne s'applique pas.
🧭 D'où on part : la Saison 23 en rappel
Impossible de juger un été d'agents libres sans se rappeler ce que chaque club avait besoin de régler. Et la Saison 23 a laissé des cicatrices partout.
La saison régulière
Les Bruins de Boston ont dominé avec 119 points, une fiche de 48-19, 301 buts marqués et surtout 231 buts accordés — la meilleure défensive du circuit.
Les Panthers de la Floride ont marqué plus de buts que n'importe qui (310, un sommet de ligue) pour 111 points.
Les Islanders de New York ont suivi à 108 points, puis
Philadelphie à 103, et un trio d'équipes à 102 :
Chicago,
Anaheim et
San Jose.
Au bas du classement,
Pittsburgh a fini dernier avec 62 points et 294 buts accordés.
New Jersey a marqué le moins de buts du circuit — 214 seulement — pour 65 points.
Les Rangers (71 points, 232 buts) et
Détroit (73 points, 295 buts accordés) complètent le bas du tableau. Et
Tampa Bay a accordé 299 buts, le pire total défensif de la ligue.
Et là, les séries ont tout renversé
16 clubs se sont qualifiés. Et le champion est celui que personne n'attendait.
les Stars de Dallas ont gagné la Coupe en entrant dans les séries au 16e et dernier rang des qualifiés. 83 points en saison régulière, 251 buts marqués — le cinquième pire total offensif de la ligue — et pourtant une fiche de 16-3 en 19 matchs de séries, avec 65 buts marqués contre 54 accordés. Le club de Dicaire a battu tout le monde sur son passage. C'est le genre de parcours qui rappelle à vingt-cinq autres DG que la saison régulière ne garantit strictement rien.
| Club | Pts (saison) | Parcours en séries | Fiche | Buts (pour-contre) |
|---|---|---|---|---|
| 83 | Champion 🏆 | 16-3 en 19 matchs | 65-54 | |
| 108 | Finaliste | 14-6 en 20 matchs | 67-47 | |
| 95 | Éliminé en ronde 3 | 8-9 en 17 matchs | 60-63 | |
| 90 | Éliminé en ronde 3 | 9-7 en 16 matchs | 56-50 | |
| 119 | Éliminé en ronde 2 | 7-5 en 12 matchs | 47-43 | |
| 85 | Éliminé en ronde 2 | 7-7 en 14 matchs | 51-55 | |
| 97 | Éliminé en ronde 2 | 6-5 en 11 matchs | 34-28 | |
| 102 | Éliminé en ronde 2 | 4-7 en 11 matchs | 37-40 | |
| 97 | Éliminé en ronde 1 | 3-4 | 30-26 | |
| 92 | Éliminé en ronde 1 | 3-4 | 23-24 | |
| 111 | Éliminé en ronde 1 | 2-4 | 21-23 | |
| 103 | Éliminé en ronde 1 | 1-4 | 11-19 | |
| 91 | Éliminé en ronde 1 | 1-4 | 16-21 | |
| 102 | Balayé en ronde 1 | 0-4 | 10-18 | |
| 102 | Balayé en ronde 1 | 0-4 | 8-15 | |
| 94 | Balayé en ronde 1 | 0-4 | 4-14 |
Le parcours de
Montréal mérite qu'on s'y arrête. Le club de Éthier s'est rendu jusqu'en troisième ronde — dix-sept matchs de séries, le troisième plus long parcours du printemps — avec une fiche de 8-9 et un différentiel de buts négatif (60 marqués, 63 accordés). Autrement dit : les Canadiens ont gagné des séries qu'ils n'auraient pas dû gagner sur papier, en volant des matchs serrés. C'est le genre de printemps qui donne confiance à une organisation, mais qui cache aussi ses fragilités. Ça explique en bonne partie pourquoi le club a passé l'été à ajouter de la profondeur défensive plutôt qu'à chercher un marqueur.
Los Angeles est allé aussi loin — troisième ronde également, avec une fiche gagnante cette fois (9-7, 56 buts contre 50). Leblanc a vu son club jouer seize matchs de séries en finissant seulement 14e au classement général. Quand un DG se rend là avec une équipe moyenne, il en tire généralement une conclusion simple : il manque deux ou trois joueurs. Son été s'explique entièrement par là.
Et puis il y a les humiliations. 3 clubs de plus de 94 points ont été balayés en 4 matchs dès la première ronde :
Chicago (102 points),
San Jose (102 points) et
Columbus (94 points). Le cas de Columbus est le plus cruel : quatre buts marqués en quatre matchs. Quand une attaque se ferme à ce point, un DG a deux choix — changer les joueurs ou changer le système. Bourdeau a choisi les joueurs, avec dix signatures cet été.
Ajoutons
Boston, qui a dominé la saison de bout en bout avec 119 points avant de tomber en deuxième ronde, et
la Floride, meilleure attaque du circuit sortie en six matchs dès la première ronde. Ça fait beaucoup de monde avec quelque chose à prouver — et ça explique pourquoi l'agence libre a été aussi occupée.
Enfin, un détail qui explique beaucoup de choses cet été :
le Mammoth de l'Utah entre dans la ligue sans une seule saison derrière lui. Pas d'historique, pas de banque accumulée, pas de noyau, pas d'entraîneur. Vézina-Roy partait littéralement d'une feuille blanche.
📈 Le test du rendement
Voici la question la plus simple qu'on puisse poser à une signature, et étrangement celle que personne ne pose : combien de points ce joueur a-t-il produits dans la FHSW la saison dernière, et combien son nouveau club le paie-t-il ?
Ce n'est pas une mesure parfaite. Un joueur peut avoir été mal utilisé, coincé sur un quatrième trio, blessé, ou avoir joué pour une équipe qui ne marquait pas. Un défenseur défensif ne sera jamais bien servi par une colonne de points. Mais c'est la seule donnée qui décrit ce qui s'est réellement passé sur la glace, par opposition à ce qu'un profil de cotes laisse espérer. Et quand on la met à côté du salaire, certaines signatures prennent un tout autre visage.
| Joueur | Club | Salaire | Production S23 | +/− | Pts / M$ |
|---|---|---|---|---|---|
| Taylor Hall att | 8,75 M$ | 77 pts (35-42) en 80 pj | +21 | 8,8 | |
| Mark Stone att | 8,25 M$ | 69 pts (32-37) en 82 pj | +5 | 8,4 | |
| Justin Faulk déf | 4,70 M$ | 69 pts (21-48) en 82 pj | −9 | 14,7 | |
| Nikita Kucherov att | 7,90 M$ | 60 pts (30-30), 112 mec | −1 | 7,6 | |
| Tyson Barrie déf | 3,15 M$ | 53 pts (13-40), 96 blocs | +11 | 16,8 | |
| Oliver Ekman-Larsson déf | 4,65 M$ | 53 pts, 210 mec, 149 blocs | −7 | 11,4 | |
| Ryan O'Reilly att | 3,85 M$ | 47 pts (23-24) en 82 pj | +16 | 12,2 | |
| Nikita Zaitsev déf | 4,50 M$ | 45 pts (15-30), 164 blocs | +7 | 10,0 | |
| Jonathan Huberdeau att | 3,00 M$ | 44 pts (22-22), 95 mec | +20 | 14,7 | |
| Anze Kopitar att | 3,00 M$ | 44 pts (18-26) en 82 pj | +4 | 14,7 |
Trois choses sautent aux yeux dans ce tableau.
Premièrement, Taylor Hall a mérité son chèque. 77 points et un différentiel de +21, c'est la meilleure production de tout le marché des agents libres, et par une marge confortable. Leblanc a payé 8,75 M$ — le plus gros montant de l'été — pour obtenir le meilleur joueur disponible. On peut débattre du prix; on ne peut pas débattre du fait qu'il a acheté exactement ce qu'il pensait acheter. Dans un marché où presque la moitié des signatures sont des paris, payer cher pour une certitude n'est pas la pire stratégie.
Deuxièmement, Justin Faulk est l'histoire méconnue de l'été. 69 points — autant que Mark Stone, qui a coûté 3,55 M$ de plus — en provenance d'un défenseur. Avec un patin de 88 et une endurance de 89, il joue beaucoup de minutes et il les joue vite. Paquette n'a même pas eu à le recruter : il n'a eu qu'à le resigner. 14,7 points par million, c'est le meilleur rendement de tous les contrats de 3 M$ et plus de cet été, à égalité avec Huberdeau et Kopitar.
Troisièmement, personne n'a remarqué ce qu'a fait Lefebvre à
Pittsburgh. Entre Stone (69 points), Huberdeau (44 points, +20) et Nino Niederreiter (34 points, +20), son club a ajouté 148 points de production réelle — le troisième plus haut total du circuit. Pour une équipe qui a fini dernière avec 62 points, ce n'est pas un détail. On y revient plus loin.
Payer peu, obtenir beaucoup
- John Tavares —
Seattle, 650 000 $. 34 points la saison dernière en 82 matchs. 52 points par million, le meilleur rendement de tout l'été, et de loin. - Kevin Shattenkirk —
Islanders, 800 000 $. 36 points, +17, et 135 tirs bloqués. 45 points par million pour un défenseur qui joue des vraies minutes. - Brett Kulak —
Vancouver, 950 000 $. 32 points, +21, cote défensive de 93. 11 clubs se sont battus pour lui. - Evgeny Kuznetsov —
Islanders, 1,05 M$. 35 points et 166 mises en échec, une combinaison rare. - Nick Leddy —
Columbus, 1,25 M$. 37 points, +14, arraché directement à Chicago. - Chris Tanev —
Boston, 1,20 M$. 34 points, +23, le meilleur différentiel de tout le marché, 124 blocs et une cote défensive de 96, la plus haute de l'été.
Payer beaucoup, attendre de voir
- Pheonix Copley —
Washington, 3,80 M$. Excellent gardien (91,71 %), mais 24 matchs joués, dans un club qui en a signé trois. - Jordan Eberle —
San Jose, 750 000 $. 23 points, mais un différentiel de −26, le pire de tout le marché. - Jason Spezza —
Philadelphie, 1,65 M$ sur 2 ans. 28 points, mais 41 ans et un patin de 25, le plus bas du circuit. - Andy Greene —
Rangers, 900 000 $ sur 3 ans. 41 ans, patin de 32, potentiel de 5. Le contrat court jusqu'à la Saison 27. - Ian Cole —
Dallas, 1,70 M$. Cote défensive de 93, mais seulement 5 matchs disputés l'an dernier. - Valeri Nichushkin —
Colorado, 1,60 M$ sur 3 ans. 35 matchs, 2 points.
Un mot sur Erik Haula ↺ recréé, aux Islanders pour 900 000 $. Sa fiche de l'an dernier est terrible — 82 matchs, 4 points, −12 — mais c'est exactement le genre de chiffre qu'il faut savoir ignorer. Il revient avec un patin en hausse de 8 points, un maniement et une passe en hausse de 6. Lassonde a payé le prix d'un joueur de quatrième trio pour un homme qui n'est plus le même. Vu le montant, c'est le pari le mieux calibré de l'été.
💰 Les dix plus gros contrats
Neuf des dix plus gros contrats de l'été sont en 1-way, donc comptés intégralement contre le CF selon le règlement 7.11.7. Aucun DG n'a pu se cacher derrière un two-way pour ces noms-là — quand on signe un joueur de ce calibre, on assume le plein montant, immédiatement.
| # | Joueur | Club | DG | Contrat | Production S23 |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Taylor Hall | Leblanc | 8,75 M$ · 1 an | 77 pts, +21 | |
| 2 | Mark Stone | Lefebvre | 8,25 M$ · 3 ans | 69 pts, +5 | |
| 3 | Nikita Kucherov | Bourdeau | 7,90 M$ · 3 ans | 60 pts, 112 mec | |
| 4 | Tom Wilson ↺ | Lefebvre | 5,35 M$ · 3 ans | Recréé · DF +11, PH +10 | |
| 5 | Sam Bennett ↺ | Morel | 5,20 M$ · 1 an | Recréé · PA +14, DF +11 | |
| 6 | Charlie Coyle ↺ | Leblanc | 5,00 M$ · 1 an | Recréé · PA +11, CK +10 | |
| 6 | Victor Hedman | Leblanc | 5,00 M$ · 2 ans | 39 pts, 274 mec | |
| 8 | Justin Faulk | Paquette | 4,70 M$ · 2 ans | 69 pts, 89 blocs | |
| 9 | Oliver Ekman-Larsson | Bourdeau | 4,65 M$ · 3 ans | 53 pts, 210 mec | |
| 10 | Nikita Zaitsev | Éthier | 4,50 M$ · 1 an | 45 pts, 164 blocs |
Regardez la colonne de droite un instant. Sur les dix plus gros contrats, sept sont allés à des joueurs qui ont produit au moins 39 points la saison dernière. Ce n'est pas un marché irrationnel : dans l'ensemble, l'argent a suivi le rendement. Les DG de cette ligue font leurs devoirs.
Mais les trois exceptions racontent une histoire.
La durée, justement, est la variable que trop de monde ignore. Leblanc a signé Taylor Hall et Charlie Coyle sur un an : si ça ne fonctionne pas, le problème disparaît à la fin de la saison et le club récupère 13,75 M$ d'espace. Lefebvre a signé Mark Stone sur trois ans : si Pittsburgh ne remonte pas rapidement au classement, ce contrat devient un boulet sur un club qui est censé rebâtir. Deux philosophies opposées, et seul le temps tranchera.
🔥 La guerre d'enchères
Le montant final ne dit pas tout. Ce qui révèle la vraie demande du marché, c'est le nombre de clubs qui ont déposé une offre sur un joueur avant que le marteau tombe. Un joueur peut signer pour 800 000 $ et avoir fait courir la moitié de la ligue; un autre peut décrocher 5 M$ sans que personne d'autre lève la main. Voici le vrai palmarès de la popularité.
| # | Joueur | Clubs en course | Gagnant | Contrat final | Ronde |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Jean-Gabriel Pageau | 18 clubs | 2,40 M$ · 2 ans · 1-way | R1 | |
| 2 | Beck Malenstyn | 13 clubs | 1,20 M$ · 1 an · 1-way | R5 | |
| 3 | Brayden Schenn | 11 clubs | 1,85 M$ · 1 an · 2-way | R1 | |
| 3 | Tom Wilson | 11 clubs | 5,35 M$ · 3 ans · 1-way | R2 | |
| 3 | Brett Kulak | 11 clubs | 0,95 M$ · 3 ans · 1-way | R2 |
18 clubs sur 26 — plus de 2 sur 3 — ont déposé une offre sur Jean-Gabriel Pageau ↺ recréé dès la première ronde. C'est, de loin, le joueur le plus convoité de l'été, et l'explication saute aux yeux dès qu'on ouvre sa fiche : Pageau revient d'Europe avec une mise en échec en hausse de 20 points, une cote défensive en hausse de 18, une endurance en hausse de 21 et une force en hausse de 17. Ce n'est plus le même joueur qu'il y a un an. 18 DG ont vu les mêmes bonds en même temps et ont tiré la même conclusion.
Le plus remarquable reste le prix final : 2,40 M$ sur 2 ans. Quand la moitié de la ligue court après le même homme, on s'attend à une surenchère. Paquette l'a eu pour le prix d'un centre de troisième trio. C'est le meilleur travail de négociation de tout l'été.
Le cas Beck Malenstyn est encore plus révélateur de la façon dont les DG de cette ligue magasinent vraiment. 13 clubs se sont disputés un joueur qui n'apparaît dans aucun palmarès de salaires et dont le nom ne dira rien à personne. Pourquoi une telle cohue ? Parce qu'à 26 ans, il est de loin le plus jeune joueur intéressant de tout le marché, avec une cote de mise en échec de 94, un patin de 85 et un potentiel de 55. Dans un été où l'âge moyen des signatures tourne autour de 34 ans, un joueur de 26 ans qui patine et qui frappe, c'est une denrée rare — et tout le monde l'a vu en même temps. Guillemette l'a gardé à
Détroit pour 1,20 M$ sur un an, en cinquième ronde. C'est probablement le meilleur travail de la période dans l'ombre.
Notez aussi le cas Brett Kulak : 11 clubs sur lui, et il finit à 950 000 $ sur 3 ans à
Vancouver. Quand 11 équipes veulent un joueur et qu'il signe sous le million, ça veut dire que 10 DG se sont fait battre sur un détail — et le règlement 7.11.7 en dit long là-dessus : à montant égal, un contrat 1-way l'emporte toujours. Montanaro a compris l'assignement.
🎲 Les paris sans historique
Voici la statistique la plus dure de cet article. Sur les 133 signatures, 61 concernent des joueurs qui n'ont pas disputé un seul match dans le circuit Pro de la FHSW en Saison 23. Presque une signature sur deux.
Il faut nuancer avant d'accuser qui que ce soit. Un joueur sans match Pro n'est pas nécessairement un joueur fini : il peut avoir passé l'année dans un club-école, avoir été blessé, ou simplement ne pas avoir trouvé preneur. Un DG qui signe ce profil à 700 000 $ fait un pari raisonnable. Le même DG qui le signe à 5 M$ sur trois ans fait autre chose.
Ce qui compte, donc, c'est la proportion. Un club dont les deux tiers des signatures sont des inconnues a bâti son été sur de l'espoir plutôt que sur des faits.
| Club | DG | Signatures | Sans match en S23 | Proportion |
|---|---|---|---|---|
| Bourdeau | 4 | 3 | 75 % | |
| Éthier | 9 | 6 | 67 % | |
| Gadbois | 6 | 4 | 67 % | |
| Paquette | 6 | 4 | 67 % | |
| Vézina-Roy | 11 | 7 | 64 % | |
| Couture | 6 | 3 | 50 % | |
| Guillemette | 8 | 4 | 50 % | |
| Fournier | 4 | 2 | 50 % | |
| Bourdeau | 10 | 4 | 40 % | |
| Dicaire | 7 | 0 | 0 % | |
| Montanaro | 4 | 0 | 0 % |
Le champion en titre et un club qui a raté les séries sont les deux seules organisations de la ligue à n'avoir signé que des joueurs vus à l'œuvre l'an dernier. Chez Dicaire à
Dallas, les sept signatures ont disputé au moins un match en Saison 23. Chez Montanaro à
Vancouver, les quatre ont joué une saison complète — et ont produit 97 points combinés pour 4,50 M$ au total.
Ce n'est sûrement pas un hasard que le club qui vient de gagner la Coupe soit aussi celui qui a le moins gambler. Quand on a déjà une formation qui fonctionne, on ne cherche pas la loterie : on cherche des morceaux qu'on peut évaluer.
📤 Les clubs qui se sont vidés
On parle beaucoup de qui a signé. On parle rarement de qui a perdu du monde. Pourtant, un été d'agence libre, c'est un jeu à somme nulle : chaque joueur qui arrive quelque part vient d'ailleurs. Et quatre clubs se sont fait dépouiller.
Sabres de Buffalo
Tyler Myers, David Krejci, Tyler Johnson, Erik Karlsson, Brandon Sutter, Keith Kinkaid, Dustin Byfuglien et Tobias Rieder ont tous signé ailleurs. Et Desmarais n'a signé personne en retour. Huit partis, zéro arrivé, pour un club qui avait pourtant fait les séries avec 91 points.
Flyers de Philadelphie
Jaden Schwartz, Tyler Seguin, Alexander Edler, Trevor Daley, Ian Cole, Lars Eller, Mike Hoffman et Evander Kane sont partis. Couture a signé six joueurs en retour — dont trois gardiens. Le club a échangé de la profondeur de patineurs contre une accumulation de gardiens de but.
Jets de Winnipeg
Erik Johnson, Paul Byron, Mathieu Perreault, Mark Giordano, Cody Franson, Jeff Carter, Tuukka Rask et Michal Neuvirth ont tous changé d'adresse. Tremblay a ramené six joueurs, dont O'Reilly et Hutton — un échange net plutôt équilibré, mais beaucoup de mouvement pour un club à 76 points.
Devils du New Jersey
Nikita Zaitsev, Petr Mrazek, Artemi Panarin, John Tavares, Rob Schremp, Nikolay Kulemin et Jiri Sekac sont partis. Bourdeau a signé quatre joueurs, dont Kucherov à 7,90 M$. Le club a concentré dans un seul homme ce qu'il a perdu en sept.
Mention spéciale aux
Blues de St. Louis, qui ont perdu cinq joueurs — Kucherov, Goodrow, Brodie, Granlund et Andrighetto — sans en signer un seul. Et à la
Floride, qui a vu partir sept joueurs tout en signant les onze siens : le club de Morel a probablement connu le plus haut taux de roulement de toute la ligue.
🥅 Le marché des gardiens
16 gardiens ont signé pendant les 5 premières rondes — soit 12 % de toutes les signatures. 8 d'entre eux n'ont pas vu une seule minute de jeu dans le Pro la saison dernière, ce qui rend leur évaluation impossible autrement que par leurs cotes. Pour les 8 autres, il existe un chiffre qui ne ment pas : le pourcentage d'arrêts réel.
| Gardien | Club | Salaire | Matchs | Fiche | Tirs reçus | Buts alloués | % arrêts |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Pheonix Copley | 3,80 M$ | 24 | 12-11 | 736 | 61 | 91,71 % | |
| Petr Mrazek | 1,75 M$ | 47 | 15-29 | 1754 | 150 | 91,45 % | |
| Carter Hutton | 0,55 M$ | 28 | 12-7 | 778 | 67 | 91,39 % | |
| Michal Neuvirth | 0,95 M$ | 26 | 9-11 | 848 | 75 | 91,16 % | |
| Al Montoya | 1,35 M$ | 22 | 13-8 | 682 | 62 | 90,91 % | |
| Tuukka Rask | 0,90 M$ | 59 | 24-28 | 1998 | 191 | 90,44 % | |
| Keith Kinkaid | 0,95 M$ | 25 | 8-13 | 735 | 79 | 89,25 % |
Carter Hutton à 550 000 $ est le vol de l'été devant le filet. 91,39 % d'arrêts, une fiche gagnante de 12-7, et Tremblay le paie moins cher qu'un joueur de 4e trio. Dans une ligue où un gardien correct coûte généralement entre 1 et 2 M$, obtenir ce rendement à un demi-million libère de l'espace partout ailleurs dans l'alignement.
Petr Mrazek mérite mieux que sa fiche. 15 victoires, 29 défaites : sur papier, c'est un désastre. Mais 1754 tirs reçus en 47 matchs — soit 37 tirs par match — avec un pourcentage d'arrêts de 91,45 %, ça raconte une tout autre histoire. Ce gardien-là a été bombardé toute l'année. Le problème était devant lui, pas dans son filet. Couture a signé un bon gardien à 1,75 M$; il lui reste maintenant à lui donner une défensive.
Le cas de Tuukka Rask est intéressant pour une autre raison : 59 matchs, c'est le plus haut total de tous les gardiens signés cet été. C'est un vrai partant, pas un substitut, et Gadbois l'obtient pour 900 000 $ sur trois ans. Son 90,44 % n'est pas spectaculaire, mais le volume de travail qu'il peut absorber a une valeur réelle.
Reste le dossier le plus étrange de l'été :
Washington a dépensé 5,80 M$ sur trois gardiens — Copley à 3,80 M$, Kevin Poulin à 1,05 M$ et Jon Gillies à 950 000 $ — dont deux n'ont pas joué une minute la saison dernière. Et Couture a fait exactement la même chose à
Philadelphie avec Mrazek, Alex Stalock et Martin Jones, pour 3,80 M$ au total. Deux clubs, six gardiens, 9,60 M$. Dans une ligue à plafond de 65 M$, c'est 15 % de la masse d'une équipe investie dans une position où un seul homme joue à la fois.
🚌 Le meilleur club-école de la ligue
Voici la statistique que personne n'a vue venir : 76 des 133 signatures sont des contrats 2-way. Cent millions quatre cent mille dollars — 42 % de toute la masse engagée cet été — sont allés à des joueurs que leur club peut renvoyer au club-école du jour au lendemain.
Avant de rire, il faut reconnaître la logique : selon le règlement 7.11.11, un contrat 2-way ne compte contre le CF qu'à partir du 44e joueur signé. C'est donc un outil de gestion de plafond parfaitement légitime, et les DG qui l'utilisent font leur travail. Mais il y a une différence entre signer un joueur de profondeur à 700 000 $ en 2-way… et en signer un à 2 M$.
| Joueur | Club | Salaire | Durée | Âge | Commentaire |
|---|---|---|---|---|---|
| Brendan Gallagher | 2,00 M$ | 1 an | 32 | 24 points l'an dernier | |
| Artemi Panarin | 2,00 M$ | 3 ans | 32 | 18 points l'an dernier | |
| Mark Giordano | 2,00 M$ | 3 ans | 40 | Il aura 43 ans à la fin du contrat | |
| Calvin De Haan | 2,00 M$ | 1 an | 33 | DF 90, 77 blocs | |
| Charles Hudon | 1,95 M$ | 3 ans | 30 | 1 match joué en Saison 23 | |
| Patrick Kane | 1,95 M$ | 1 an | 35 | 16 points | |
| Josh Manson ↺ | 1,90 M$ | 3 ans | 32 | Recréé · CK +13, SK +10 | |
| Alexander Edler | 1,90 M$ | 1 an | 38 | DF 92, mais un patin de 41 | |
| Marc-Andre Fleury | 1,90 M$ | 1 an | 39 | 93,48 % en 6 matchs | |
| Brayden Schenn | 1,85 M$ | 1 an | 32 | 11 clubs le voulaient |
Seattle mérite une mention spéciale. Lefebvre a signé exactement 3 contrats 2-way cet été, et les trois sont à exactement 2,00 M$ : Gallagher, Panarin et Giordano. Six millions tout rond sur trois joueurs assignables au club-école. Et deux de ces ententes courent sur 3 ans — dont celle de Giordano, qui a 40 ans et qui aura donc 43 ans quand elle se terminera. Il y a des plans plus faciles à expliquer.
La Floride, elle, a fait de son club-école le mieux garni du circuit. Sept contrats 2-way, 13,00 M$ au total — soit plus de la moitié des 24,9 M$ dépensés par le club cet été. Patrick Kane, Brayden Schenn, Marc-Andre Fleury, Alexander Edler, Calvin De Haan : sur papier, c'est une formation qui ferait les séries dans bien des ligues. Sauf qu'aucun de ces joueurs n'a la garantie de jouer un match dans le Pro. Morel a bâti deux équipes cet été, et on ne sait pas encore laquelle il compte utiliser.
Mention aussi à
Utah, qui a empilé 10 contrats 2-way pour 11,50 M$. Pour une franchise de première année qui doit remplir deux alignements au complet, c'est parfaitement défendable — c'est même probablement la bonne façon de procéder quand on part de zéro.
🛡️ Le travail d'en arrière
Les points, c'est la partie visible du travail d'un joueur. Voici la partie que les DG regardent vraiment quand vient le temps de bâtir une équipe capable de gagner en avril : qui bloque, qui frappe, et qui ne se fait pas marquer dessus.
Chris Tanev
Boston · 1,20 M$ · 3 ansCote défensive de 96 — la plus haute de tout le marché. Différentiel de +23, le meilleur du groupe. 124 tirs bloqués en 78 matchs. Pour 1,20 M$ sur 3 ans, resigné par son propre club. Si on cherche la signature la plus intelligente de l'été, c'est celle-là, et ce n'est pas discutable.
Victor Hedman
Los Angeles · 5,00 M$ · 2 ans274 mises en échec la saison dernière — le sommet absolu du marché, et personne d'autre ne s'approche. 39 points, 107 blocs, cote défensive de 90, cote de mise en échec de 91. À 33 ans, il joue encore comme un camion lancé à pleine vitesse.
Ekman-Larsson
Columbus · 4,65 M$ · 3 ans210 mises en échec, 149 tirs bloqués, 53 points, cote défensive de 93 et surtout une endurance de 90 qui lui permet de tenir ce rythme sur 78 matchs sans s'écrouler. Bourdeau a resigné le joueur le plus utilisé de son organisation.
3 autres noms méritent qu'on s'y arrête. Nikita Zaitsev débarque à
Montréal avec 164 tirs bloqués — le deuxième plus haut total du marché — et une cote défensive de 95. À 4,50 M$ sur un an, Éthier paie cher, mais il paie court, et il obtient un défenseur qui se jette littéralement devant tout.
Kevin Shattenkirk en a bloqué 135 pour 800 000 $ chez les
Islanders, ce qui est presque insultant pour le reste du marché. Et Barclay Goodrow débarque chez les
Rangers avec 191 mises en échec, juste devant Jonathan Toews (187, à Columbus) et Mark Scheifele (187, lui aussi chez les Rangers). Bergeron a donc ajouté deux des trois plus gros cogneurs disponibles cet été. Ce n'est pas un accident — on y revient dans la section sur les entraîneurs.
Chez les attaquants, il faut nommer Kiefer Sherwood ↺ recréé, qui arrive à
Montréal avec la cote de mise en échec la plus élevée de tout le marché : 97. Comme il revient d'Europe, sa fiche vide de la Saison 23 n'a aucune valeur prédictive — c'est un joueur neuf à 1,50 M$, et une cote de 97 en mise en échec, ça ne se trouve nulle part ailleurs sur ce marché.
🐢 L'âge et le patin
Une cote de patin sous 45, dans ce moteur, ça se voit à l'œil nu. Le joueur perd des courses à la rondelle qu'il devrait gagner, il se fait rattraper en repli, il se fait contourner sur la ligne bleue. Ce n'est pas une nuance : c'est un handicap structurel qui pèse sur chaque présence.
Quatorze signatures de cet été sont dans cette zone. Elles ne sont pas réparties également.
Philadelphie a signé trois patineurs cet été. Deux d'entre eux ont un patin sous 35 : Jason Spezza, 41 ans, patin de 25 — le chiffre le plus bas de tout le marché — et Jason Garrison, 39 ans, patin de 33. Pour un club qui a marqué 301 buts la saison dernière et qui veut aller plus loin que la première ronde, c'est un choix difficile à expliquer.
Les Rangers de New York ont ajouté Andy Greene (41 ans, patin de 32, potentiel de 5) et Andrej Meszaros (38 ans, patin de 36) — et les deux ont signé pour trois ans. Ces contrats-là vivront jusqu'à la Saison 27, avec des joueurs qui auront alors 44 et 41 ans.
Détroit a fait venir Brent Seabrook (39 ans, patin de 36), Dustin Byfuglien (39 ans, patin de 34) et Rob Schremp (38 ans, patin de 41), là encore sur des ententes de deux et trois ans.
La Floride a ajouté Trevor Daley (40 ans, patin de 40) et Alexander Edler (38 ans, patin de 41).
Vancouver a signé Jeff Carter à 40 ans avec un patin de 35 — mais celui-là a joué 82 matchs et produit 20 points la saison dernière, ce qui change complètement la lecture. Ce n'est pas un pari : c'est un joueur qui livre encore.
L'âge moyen des signatures raconte la même histoire, club par club.
Edmonton mène la ligue avec 37,0 ans de moyenne sur ses quatre ajouts, devant
Philadelphie (35,7) et
Winnipeg (35,5). À l'autre bout du spectre,
Washington (32,0), les
Islanders (32,2) et
Los Angeles (32,3) ont magasiné le plus jeune.
Et le chiffre qui remet tout en perspective : Beck Malenstyn, 26 ans, est le seul joueur de tout le marché à avoir moins de 28 ans avec un vrai rôle en vue. C'est un marché de vétérans, du premier au dernier nom. Ce qui explique, au passage, pourquoi treize clubs se sont rués sur lui.
💵 L'argent : qui avait de la marge
Avant de juger un DG qui n'a rien fait, il faut regarder s'il pouvait faire quelque chose. Le plafond de la FHSW est à 65 M$ et il l'est depuis des années. Voici où se trouvaient les clubs à la fin de la Saison 23.
Les clubs qui étaient au-dessus ou collés au plafond :
la Floride (70,6 M$ de masse salariale),
Washington (70,0 M$),
Buffalo (68,9 M$),
Boston (67,2 M$),
Anaheim (66,8 M$) et
Columbus (66,7 M$). Pour ces six-là, chaque dollar dépensé cet été demandait de la gymnastique. Le silence complet de Buffalo s'explique en grande partie par là : avec 68,9 M$ engagés et seulement 4,7 M$ en banque, Desmarais n'avait tout simplement pas de place.
Les clubs qui avaient de la marge et ne s'en sont pas servis : et là, ça devient intéressant.
Winnipeg dormait sur 45,7 M$ en banque — la plus grosse réserve de la ligue — et a dépensé 8,55 M$.
San Jose avait 39,7 M$ en banque après une saison de 102 points, et a dépensé 4,80 M$.
Le Colorado avait 29,6 M$ et a dépensé 3,60 M$ pour deux points de production.
Chicago avait 20,6 M$ et a dépensé 4,35 M$.
St. Louis avait 18,6 M$ et n'a rien dépensé du tout.
Les clubs qui avaient de la marge et l'ont utilisée :
Los Angeles (54,0 M$ de masse, 18,0 M$ en banque) a sorti 18,75 M$.
Pittsburgh (53,7 M$ de masse, 11,0 M$ en banque) a sorti 15,45 M$.
New Jersey (46,2 M$ de masse — la plus basse de la ligue — et 23,1 M$ en banque) a sorti 10 M$. Ces trois-là avaient de l'espace, et ils s'en sont servis. On peut discuter de comment, pas du si.
Et puis il y a
Détroit, la seule équipe de la ligue avec une banque négative : −1,6 M$. Guillemette a quand même signé huit joueurs pour 10,45 M$. C'est audacieux. Ça sera à surveiller de près.
Enfin, mention à
Tampa Bay et ses 515 763 $ en banque — la plus petite réserve du circuit. Avec 78 points, une absence des séries et 299 buts accordés, c'est le pire des deux mondes : des besoins criants et aucun moyen d'y répondre.
🎓 13 clubs cherchent encore un entraîneur
Voici le dossier dont personne ne parle, et il est urgent. Seulement 13 des 26 clubs ont actuellement un entraîneur Pro sous contrat. 41 entraîneurs sont disponibles sur le marché. La moitié de la ligue va devoir régler ça avant la première mise au jeu.
Et ça compte plus qu'on pense. Le style d'un entraîneur change littéralement la façon dont ses joueurs sont utilisés : un coach porté vers l'attaque fait peser les cotes offensives plus lourd dans la construction de ses trios, un coach défensif privilégie ceux qui savent jouer sans la rondelle, et un coach au profil physique élevé donnera des minutes aux joueurs qui frappent. Signer un joueur sans savoir qui va le diriger, c'est acheter une pièce sans connaître le casse-tête.
Les 13 qui sont réglés
Jim Montgomery (Boston) — le coach le plus défensif du circuit, une cote de 99 en défensive.
Lindy Ruff (Pittsburgh) — son opposé exact : 99 en offensive, 77 en défensive. Le plus porté vers l'attaque de la ligue.
Jon Cooper (Chicago) — 99 en offensive lui aussi, 85 en défensive.
Sheldon Keefe (Floride) — 99 en offensive, 93 en défensive, 90 en physique : un des profils les plus complets.
Todd McLellan (San Jose) — 99 en jeu physique et 99 en discipline, le profil le plus extrême de la ligue.
John Tortorella (Islanders) — 96 en physique, 98 en discipline.
Craig Berube (Rangers) — 95 en défensive, 93 en physique.
Paul Maurice (Anaheim) — 91 en offensive, 95 en défensive.
Patrick Roy (Colorado) — 97 en physique, 95 en discipline.
Andrew Brunette (Dallas) — le champion en titre : 89 en offensive, 95 en discipline.
Bob Boughner (Washington) — 93 en physique, 85 en défensive.
Jeff Blashill (Montréal) — le profil le plus équilibré du circuit : 82 en offensive, 82 en défensive.
Rod Brind'Amour (Détroit) — 77 en offensive, 80 en défensive.
Les 13 bancs vides
Ces clubs n'ont plus l'entraîneur qui était derrière leur banc en Saison 23 :
Philadelphie — Randy Carlyle (103 points)
Columbus — Claude Julien (94 points)
Edmonton — Peter DeBoer (92 points)
Buffalo — John Hynes (91 points)
Los Angeles — Randy Cunneyworth (3e ronde)
Minnesota — Gerard Gallant (2e ronde)
St. Louis — Mike Babcock
Seattle — Guy Boucher
Tampa Bay — Darryl Sutter
Winnipeg — John Stevens
Vancouver — Marc Crawford
New Jersey — Drew Bannister
Utah — première année, aucun historique
Maintenant, la partie amusante : quelques DG ont clairement magasiné en fonction de leur entraîneur, et d'autres pas du tout.
Boston a réussi le mariage parfait. Jim Montgomery est le coach le plus défensif de la ligue avec une cote de 99, et Gadbois lui a resigné Chris Tanev — le défenseur avec la plus haute cote défensive de tout le marché (96) et le meilleur différentiel du groupe (+23). On ne peut pas faire plus cohérent que ça.
Pittsburgh aussi. Lindy Ruff est le coach le plus offensif du circuit (99 en offensive, 77 en défensive), et Lefebvre lui a livré Mark Stone (cote de tir de 87), Jonathan Huberdeau (81) et Nino Niederreiter (passe de 78). Un entraîneur qui veut courir, et trois joueurs pour courir avec lui.
Bergeron a magasiné pour Craig Berube chez les Rangers : Goodrow (191 mises en échec, cote défensive de 82), Scheifele (187 mises en échec), Andy Greene (92 en défensive) et Meszaros (90 en défensive). Berube coache à 95 en défensive et 93 en physique — ces quatre joueurs-là ont été choisis pour lui, c'est évident.
Lassonde a fait la même chose pour Tortorella aux Islanders, dont le profil est à 96 en physique et 98 en discipline : Kuznetsov arrive avec 166 mises en échec, Kulikov avec 111, Haula avec une cote de mise en échec de 84. Et quatre défenseurs à 87 ou plus en défensive.
À l'inverse, deux dossiers font mal aux yeux.
Simard laisse Jon Cooper — un entraîneur à 99 en offensive — avec trois attaquants dont la meilleure cote de tir est 72. C'est comme donner une voiture de course à un pilote et lui mettre du carburant ordinaire. Et
Lamothe n'a donné à Patrick Roy, qui coache à 97 en jeu physique, aucun joueur robuste : ses trois signatures affichent des cotes de mise en échec de 71 et 66, plus un gardien qui n'a pas joué l'an dernier.
📋 Le bulletin
Les notes tiennent compte de quatre choses : la production réelle ajoutée en Saison 23, le coût de cette production, la proportion de paris sans historique, et la cohérence avec la position du club au classement et sa marge financière.
B+ / B / B- Bon été, ajouts qui tiennent la route.
D+ / D Le prix payé et le rendement obtenu ne se rejoignent pas.
Incomplet Aucune signature — rien à juger.
| Club | DG | S23 | Sign. | Dépense | Pts ajoutés | Pts / M$ | Note |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Montanaro | 76 pts | 4 | 4,50 M$ | 97 | 21,6 | A | |
| Lassonde | 108 pts · Finaliste | 6 | 8,40 M$ | 99 | 11,8 | A- | |
| Dicaire | 83 pts · Champion 🏆 | 7 | 11,56 M$ | 89 | 7,7 | B+ | |
| Bourdeau | 94 pts · R1 | 10 | 19,80 M$ | 163 | 8,2 | B+ | |
| Lefebvre | 62 pts | 6 | 15,45 M$ | 148 | 9,6 | B+ | |
| Lefebvre | 79 pts | 7 | 17,20 M$ | 164 | 9,5 | B+ | |
| Mercier | 85 pts · R2 | 1 | 2,00 M$ | 39 | 19,5 | B | |
| Leblanc | 90 pts · R3 | 3 | 18,75 M$ | 116 | 6,2 | B | |
| Bergeron | 71 pts | 6 | 10,90 M$ | 91 | 8,3 | B | |
| Bourdeau | 65 pts | 4 | 10,00 M$ | 72 | 7,2 | B- | |
| Paquette | 97 pts · R2 | 6 | 14,05 M$ | 69 | 4,9 | B | |
| Bourdeau | 92 pts · R1 | 4 | 5,65 M$ | 44 | 7,8 | B- | |
| Gadbois | 119 pts · R2 | 6 | 6,25 M$ | 34 | 5,4 | C+ | |
| Éthier | 95 pts · R3 | 9 | 12,50 M$ | 74 | 5,9 | B- | |
| Vézina-Roy | 1re année | 11 | 15,25 M$ | 67 | 4,4 | C+ | |
| Tremblay | 76 pts | 6 | 8,55 M$ | 50 | 5,8 | C+ | |
| Chouinard | 102 pts · R2 | 2 | 3,10 M$ | 28 | 9,0 | C | |
| Morel | 111 pts · R1 | 11 | 24,90 M$ | 122 | 4,9 | C+ | |
| Couture | 103 pts · R1 | 6 | 7,85 M$ | 41 | 5,2 | C | |
| Fournier | 102 pts · R1 | 4 | 4,80 M$ | 23 | 4,8 | C- | |
| Guillemette | 73 pts | 8 | 10,45 M$ | 32 | 3,1 | D+ | |
| Simard | 102 pts · R1 | 3 | 4,35 M$ | 13 | 3,0 | D+ | |
| Lamothe | 97 pts · R1 | 3 | 3,60 M$ | 2 | 0,6 | D | |
| Desmarais | 91 pts · R1 | 0 | — | — | — | Incomplet | |
| Coude | 81 pts | 0 | — | — | — | Incomplet | |
| Mercier | 78 pts | 0 | — | — | — | Incomplet |
Note : la colonne « Pts ajoutés » compte uniquement les patineurs. Les clubs qui ont investi surtout devant le filet — Washington, Philadelphie — sont désavantagés par cette mesure, et leur note en tient compte.
🔍 Les 26 clubs, un par un
Canucks de Vancouver
La meilleure période d'agents libres de la ligue, et presque personne n'en a parlé. 4 signatures, 4,50 M$ au total, 97 points de production ajoutée — 21,6 points par million, soit près du double du deuxième meilleur club. Brett Kulak (cote défensive de 93, +21, 32 points) pour 950 000 $ alors que onze clubs se battaient pour lui. Derek Forbort (+17, 92 en défensive, 83 blocs) pour 900 000 $. Mika Zibanejad, 29 points et 107 mises en échec, à 1,75 M$. Jeff Carter, 40 ans mais 82 matchs et 20 points, à 900 000 $. Les quatre ont joué une saison complète l'an dernier, les quatre sont en 1-way, et le club n'a dépensé que 4,5 M$. Pour une équipe qui a raté les séries avec 76 points et 280 buts accordés, c'est exactement le genre d'été qui ramène un club dans la course sans hypothéquer l'avenir. Reste à trouver qui va les diriger.
Islanders de New York
Le finaliste de la dernière saison — 108 points, puis 14-6 en 20 matchs de séries avec 67 buts marqués — n'a pas fait de bruit et a quand même ajouté 99 points pour 8,40 M$. Kevin Shattenkirk à 800 000 $ (36 points, +17, 135 blocs) et Evgeny Kuznetsov à 1,05 M$ (35 points, 166 mises en échec) sont deux des meilleurs rapports qualité-prix de tout l'été. Quatre défenseurs ajoutés, tous à 87 ou plus en défensive — exactement ce que réclame le profil de Tortorella, à 96 en physique et 98 en discipline. Et Lassonde a compris quelque chose avant les autres : deux de ses six signatures — Erik Haula et Darren Raddysh ↺ recréés — reviennent d'Europe transformées. Raddysh gagne 27 points en passe, 25 en tir et 25 en maniement : c'est le plus gros bond de cotes de toute la période d'agents libres, et il a coûté 2,50 M$. Personne d'autre dans la ligue n'a misé deux fois sur ce profil-là.
Stars de Dallas
Le champion en titre a fait la chose la plus rare de tout l'été : signer sept joueurs qui ont tous disputé au moins un match la saison dernière. Aucun pari à l'aveugle, zéro. Erik Karlsson à 3,85 M$ est la pièce maîtresse : 41 points, 90 en défensive, 104 blocs, et surtout une endurance de 93 — la plus haute de tout le marché, ce qui veut dire qu'il garde ses moyens jusqu'aux séries. Michal Neuvirth devant le filet à 91,16 % pour 950 000 $. Tyler Johnson, 26 points, pour le même prix. Rien de spectaculaire, tout de solide — exactement ce qu'on attend d'un club entré dans les séries au 16e et dernier rang des qualifiés avant de gagner 16 de ses 19 matchs. Dicaire a compris que sa formation fonctionne et qu'il n'a pas besoin de la réinventer.
Blue Jackets de Columbus
10 signatures, 19,80 M$, et 163 points de production ajoutée — le deuxième plus haut total du circuit. Le club a surtout gardé ses propres joueurs : Ekman-Larsson (53 points, 210 mises en échec, 149 blocs), Jonathan Toews (40 points, 187 mises en échec), Vincent Trocheck (33 points). Le coup fumant, c'est Nick Leddy arraché directement à Chicago pour 1,25 M$ : 37 points, +14, 87 blocs. Le reproche : quatre des dix n'ont pas joué en Saison 23, et le club était déjà à 66,7 M$ de masse salariale — au-dessus du plafond — avec seulement 3,9 M$ en banque. Après un balayage en quatre matchs avec quatre buts marqués au total, il fallait du renfort offensif. Il est venu surtout de l'interne.
Penguins de Pittsburgh
Corrigeons une impression tenace. Oui, Pittsburgh a fini dernier de la ligue avec 62 points et 294 buts accordés. Oui, le club a mis 8,25 M$ sur un seul joueur. Mais avec une masse salariale de 53,7 M$ — soit 11,3 M$ sous le plafond — et 11,0 M$ en banque, Lefebvre avait amplement la marge. Et il a ajouté 148 points de production réelle : Stone (69 points), Huberdeau (44 points, +20) et Niederreiter (34 points, +20), trois joueurs qui ont tous livré la marchandise l'an dernier. Ça colle parfaitement avec Lindy Ruff, le coach le plus offensif du circuit. Ce n'est pas une reconstruction : c'est une tentative assumée de remonter vite, et le club en avait les moyens. Petit bijou caché : Erik Johnson à 500 000 $ avec une cote défensive de 90. Le risque, c'est la durée — trois ans sur Stone, ça vieillit mal si le reste ne suit pas.
Kraken de Seattle
Le plus gros ajout de production de toute la ligue : 164 points. Tyson Barrie (53 points, +11, 96 blocs) à 3,15 M$ et Ryan McDonagh (35 points, 91 en défensive, 112 blocs) à 2,05 M$ sont deux excellents contrats pour une équipe qui avait accordé 278 buts. John Tavares à 650 000 $ pour 34 points, c'est tout simplement le meilleur rendement par dollar de l'été. Tom Wilson ↺ recréé à 5,35 M$ sur 3 ans est le pari du club : il revient d'Europe avec une cote défensive en hausse de 11 et un maniement en hausse de 10, ce qui justifie le montant — mais 3 ans, ça reste long. Le vrai reproche : 6,00 M$ sur 3 contrats 2-way à exactement 2,00 M$ chacun, dont 2 sur 3 ans. Et il n'y a toujours personne derrière le banc.
Wild du Minnesota
Une seule signature de tout l'été. Mais quelle signature : T.J. Brodie, 2,00 M$, 39 points, +3, une cote défensive de 91, 119 tirs bloqués et une endurance de 86. Presque vingt points par million — le deuxième meilleur rendement de la ligue. Un club ne peut pas bâtir une saison sur un seul joueur, surtout après un parcours de 14 matchs jusqu'en deuxième ronde et avec 6,4 M$ en banque qui dormaient. Mais si on ne fait qu'un move, autant faire celui-là. Mercier a visiblement décidé que sa réponse viendrait de l'interne.
Kings de Los Angeles
Trois joueurs, 18,75 M$ — la dépense la plus concentrée de la ligue. Taylor Hall a produit 77 points et un +21 : c'est le meilleur attaquant disponible cet été, un point c'est tout. Victor Hedman apporte 274 mises en échec, sommet absolu du circuit, plus 39 points et 107 blocs. Charlie Coyle ↺ recréé à 5,00 M$ n'est pas le pari aveugle qu'on pourrait croire : il revient d'Europe avec une passe en hausse de 11 et une mise en échec en hausse de 10. Le club avait la marge — 54,0 M$ de masse et 18,0 M$ en banque — et il l'a brûlée d'un coup. Point important : Hall et Coyle sont sur des contrats d'un an. Si ça ne marche pas, tout se répare l'été prochain. Après un parcours de 16 matchs jusqu'en troisième ronde avec une fiche gagnante de 9-7, c'est un pari calculé, pas une folie : Leblanc a vu de ses yeux qu'il lui manquait deux ou trois joueurs.
Rangers de New York
Voilà un club qui a magasiné en fonction de son entraîneur, et ça se voit à l'œil nu. Berube coache défensif (95) et physique (93); Bergeron lui livre Goodrow (191 mises en échec, 82 en défensive), Scheifele (187 mises en échec), et deux défenseurs à 90 et plus en défensive. 91 points ajoutés pour 10,90 M$, après une saison à 71 points et 232 buts marqués — le deuxième pire total offensif de la ligue. Le problème, c'est l'âge et la durée : Andy Greene a 41 ans avec un patin de 32 et un potentiel de 5, Meszaros 38 ans avec un patin de 36, et les deux ont signé pour trois ans. Ces contrats-là courent jusqu'à la Saison 27.
Devils du New Jersey
Le club avait la plus petite masse salariale de la ligue en Saison 23 — 46,2 M$, soit 18,8 M$ sous le plafond — et 23,1 M$ en banque. Autrement dit : il avait l'argent et ne s'en servait pas, tout en marquant le moins de buts du circuit (214 en 82 matchs). Kucherov à 7,90 M$ pour 60 points et 112 mises en échec, dans ce contexte précis, ce n'est pas une folie : c'est enfin utiliser ses ressources sur le meilleur marqueur disponible après Hall. Mais quatre signatures seulement pour un club à 65 points, c'est mince, et deux d'entre elles n'ont aucun historique dans la ligue. Avec sept joueurs partis en agence libre, le bilan net est loin d'être clair.
Capitals de Washington
Justin Faulk resigné à 4,70 M$ est le meilleur achat du top 10 des salaires : 69 points, un patin de 88 et une endurance de 89 pour un défenseur, c'est une combinaison qu'on ne voit pas souvent. Paquette a aussi gagné la course la plus disputée de l'été en obtenant Jean-Gabriel Pageau ↺ recréé — 18 clubs en lice — pour seulement 2,40 M$. Un joueur qui revient d'Europe avec +20 en mise en échec, +21 en endurance et +18 en défensive, payé le prix d'un troisième centre : c'est le vol de l'été. Deux vrais coups de DG. Mais 5,80 M$ répartis sur trois gardiens, dont deux sans une minute en Saison 23, c'est très difficile à justifier quand la masse du club était déjà à 70,0 M$ — au-dessus du plafond — avec 3,1 M$ en banque. Pour une équipe sortie en deuxième ronde avec une fiche de 6-5, l'argent aurait pu aller ailleurs.
Oilers d'Edmonton
Anze Kopitar à 3,00 M$ pour 44 points, c'est de l'excellent travail — 14,7 points par million, le meilleur rendement de tous les contrats de 3 M$ et plus avec Faulk et Huberdeau. Le reste inquiète sérieusement : Krejci (patin de 38) et Eriksson (patin de 46) n'ont pas joué en Saison 23, Bernier non plus, et avec 37,0 ans de moyenne, Edmonton a signé le groupe le plus âgé de toute la ligue. Trois des quatre signatures sont des inconnues. Pour un club éliminé en première ronde en sept matchs, avec 278 buts accordés et qui vient de perdre Hedman, McDonagh, Shattenkirk, Gudbranson et Zibanejad, ça ne règle pas le problème de fond : la ligne bleue s'est vidée et rien n'est venu la remplir.
Bruins de Boston
Meilleure fiche de la ligue la saison dernière — 119 points, 48-19, 301 buts marqués, 231 accordés, la meilleure défensive du circuit — puis une élimination en deuxième ronde (7-5 en 12 matchs). Et un été à 6,25 M$. Chris Tanev resigné à 1,20 M$ est probablement la signature la plus intelligente du circuit : cote défensive de 96, +23, 124 blocs, parfaitement aligné sur Montgomery, le coach le plus défensif de la ligue. Tuukka Rask à 900 000 $ pour 59 matchs de travail est aussi une bonne affaire. Mais c'est à peu près tout : quatre des six signatures n'ont pas joué en Saison 23, et seulement 34 points ajoutés. Avec 67,2 M$ de masse et 3,1 M$ en banque, la marge était mince — mais quand on domine la saison et qu'on sort en deuxième ronde, on cherche généralement un morceau de plus.
Canadiens de Montréal
Le club sort d'un printemps remarquable : dix-sept matchs de séries, une présence en troisième ronde, et ce malgré une fiche de 8-9 et un différentiel de buts négatif (60-63). Autrement dit, les Canadiens ont volé des séries qu'ils n'auraient pas dû gagner. La réponse de Éthier a été de renforcer l'arrière : Zaitsev (45 points, 95 en défensive, 164 blocs) à 4,50 M$ sur un an, et Danny DeKeyser (29 points, 91 en défensive, 129 blocs) à 1,25 M$. Ensemble, ils forment la meilleure paire de bloqueurs de tirs signée cet été. Ajoutons Kiefer Sherwood ↺ recréé à 1,50 M$, qui débarque avec la plus haute cote de mise en échec de tout le marché (97) : celui-là, il faut le juger sur ses nouvelles cotes, pas sur sa fiche vide. Le vrai problème est ailleurs : cinq autres signatures n'ont disputé aucun match dans le Pro la saison dernière — Kessel, Steen, Hoffman, Loktionov et Pavelec — et aucune n'est un retour d'Europe. Avec 10,3 M$ en banque, le club avait la marge pour parier; cinq billets de loterie dans la même enveloppe, c'est quand même beaucoup.
Mammoth de l'Utah
Onze signatures pour un club qui n'a strictement aucune histoire derrière lui : impossible de reprocher le volume, il fallait remplir un alignement au complet. Tyler Seguin à 3,75 M$ — 41 points en 66 matchs, un patin de 87, une cote de maniement de 84 — est un vrai point d'ancrage. Tyler Myers apporte 163 mises en échec et 124 blocs pour 1,50 M$. Keith Kinkaid prend le filet à 950 000 $. Mais sept des onze n'ont pas joué en Saison 23, et le rendement global de 4,4 points par million est parmi les plus faibles du circuit. C'est le prix normal d'un premier été quand on part de zéro, sans banque accumulée, sans historique et sans entraîneur. Le club a aussi perdu Mark Stone au profit de Pittsburgh — pas idéal comme première impression.
Jets de Winnipeg
Carter Hutton à 550 000 $, avec 91,39 % d'arrêts et une fiche de 12-7, est le vol de l'été devant le filet. Ryan O'Reilly à 3,85 M$ — 47 points, +16 — est un ajout de qualité pour un club qui en avait besoin. Mais trois des six signatures n'ont pas joué en Saison 23, et avec 35,5 ans de moyenne, c'est le troisième groupe le plus vieux du circuit. Et surtout : le club a perdu huit joueurs sur ce marché. Pour une équipe qui a raté les séries avec 76 points et qui dormait sur 45,7 M$ en banque, la plus grosse réserve de toute la ligue, il y avait moyen d'être nettement plus ambitieux. Cet argent-là ne rapporte rien à la banque.
Ducks d'Anaheim
Colin Miller à 2,15 M$ — 28 points, 122 mises en échec, 89 blocs — est un bon contrat, il n'y a rien à redire là-dessus. Le problème n'est pas la qualité, c'est la quantité : deux signatures, point final. Pour un club qui a récolté 102 points, joué onze matchs de séries jusqu'en deuxième ronde, qui possède 22,7 M$ en banque et un entraîneur du calibre de Paul Maurice (91 en offensive, 95 en défensive) déjà sous contrat, c'est une occasion laissée sur la table. Anaheim avait tout pour frapper un grand coup cet été et a regardé passer le train.
Panthers de la Floride
La plus grosse dépense de la ligue — 24,90 M$ — pour un rendement de 4,9 points par million. Jaden Schwartz à 4,20 M$ (42 points) est correct, Logan Couture à 1,15 M$ (34 points) est une belle affaire, et Al Montoya donne 90,91 % d'arrêts pour 1,35 M$. Le cas Sam Bennett ↺ recréé à 5,20 M$ est le plus gros pari de l'été, mais un pari informé : sa passe grimpe de 14 points et sa cote défensive de 11. Le vrai reproche est ailleurs — trois défenseurs de 40, 38 et 33 ans, dont deux n'ont pas joué en Saison 23, et 13 M$ engloutis dans 7 contrats 2-way. Onze signatures, beaucoup d'argent, beaucoup de kilométrage — pour une équipe qui avait marqué le plus de buts de la ligue (310) avant de tomber en six matchs dès la première ronde, et qui était déjà à 70,6 M$ de masse salariale. Sept joueurs partis, onze arrivés : le taux de roulement le plus élevé du circuit.
Flyers de Philadelphie
L'été le plus étrange du circuit. Six signatures : trois gardiens (Mrazek, Stalock, Jones — 3,80 M$ au total, dont deux sans un match en Saison 23), deux attaquants et un défenseur. Des trois patineurs, deux ont un patin sous 35 : Spezza (41 ans, patin de 25, le plus bas du marché) et Garrison (39 ans, patin de 33). Mrazek mérite du respect — 91,45 % d'arrêts malgré une fiche de 15-29 et 37 tirs par match — mais un club qui a récolté 103 points et marqué 301 buts avant de se faire sortir 1-4 en première ronde a d'autres priorités que d'empiler des gardiens. Ajoutez à ça huit départs, dont Schwartz, Seguin et Cole, et il n'y a toujours personne derrière le banc : c'est beaucoup de travail à rattraper.
Sharks de San Jose
4 signatures, 23 points de production ajoutée. Jordan Eberle à 750 000 $ a produit 23 points, mais avec un différentiel de −26, le pire de tout le marché. Keith Yandle, Matthew Peca et Tobias Rieder totalisent deux matchs joués en Saison 23 à eux trois. Todd McLellan a pourtant le profil le plus extrême de la ligue — 99 en jeu physique, 99 en discipline, 94 en offensive — et méritait des joueurs à sa mesure. Le club dort par ailleurs sur 39,7 M$ en banque, la deuxième plus grosse réserve du circuit, après une saison de 102 points et la deuxième meilleure défensive de la ligue (237 buts accordés). Une équipe balayée en quatre matchs avec huit buts marqués n'avait aucune raison d'être aussi timide.
Red Wings de Détroit
Huit signatures, 10,45 M$, et seulement 32 points de production ajoutée — 3,1 points par million, l'avant-dernier rang du circuit. Guillemette a pourtant gagné la deuxième plus grosse guerre d'enchères de l'été en gardant Beck Malenstyn (13 clubs en course) pour 1,20 M$, et à 26 ans avec une mise en échec de 94, un patin de 85 et un potentiel de 55, c'est objectivement le meilleur profil d'avenir signé cet été par n'importe qui. Mais autour de lui : Seabrook (39 ans, patin de 36), Byfuglien (39 ans, patin de 34), Schremp (38 ans, patin de 41), et quatre joueurs sans un match en Saison 23. Détroit était déjà la seule équipe de la ligue avec une banque négative (−1,6 M$) après une saison de 73 points et 295 buts accordés. Huit signatures quand on n'a pas d'argent et qu'on ne gagne pas, c'est de l'activité, pas un plan.
Blackhawks de Chicago
3 signatures, 13 points de production ajoutée. Sean Couturier (13 points) est le seul des trois à avoir joué en Saison 23; Byron et Perreault n'ont pas disputé un seul match, et les deux ont pourtant obtenu trois ans. Le club a 102 points au classement, 289 buts marqués, 20,6 M$ en banque, et Jon Cooper derrière le banc — un entraîneur à 99 en offensive, aussi porté vers l'attaque qu'il en existe dans cette ligue. Lui donner un groupe dont la meilleure cote de tir est 72, c'est gaspiller son principal atout. Et le club a perdu O'Reilly, Leddy et Pageau sur ce même marché : trois joueurs productifs sortis, trois points d'interrogation entrés. Après un balayage en quatre matchs avec dix buts marqués, il fallait répondre. La réponse n'est pas venue.
Avalanche du Colorado
3 signatures, 3,60 M$, et 2 points de production ajoutée. Valeri Nichushkin a disputé 35 matchs pour 2 points; Franson et Schneider n'ont pas joué du tout. Zéro contrat 1-way sur les 3. Le club a 97 points au classement, la cinquième meilleure défensive de la ligue, 29,6 M$ en banque, et Patrick Roy derrière le banc avec un style ultra-physique (97) qui réclame des joueurs robustes pour fonctionner. Rien de tout ça ne s'est traduit en action cet été. C'est la pire période d'agents libres du circuit, et ce n'est même pas discutable : 0,6 point de production par million dépensé. Après une élimination en sept matchs dès la première ronde, le silence est assourdissant.
Sabres de Buffalo
Zéro signature en cinq rondes, et huit joueurs perdus : Tyler Myers, David Krejci, Tyler Johnson, Erik Karlsson, Brandon Sutter, Keith Kinkaid, Dustin Byfuglien et Tobias Rieder ont tous signé ailleurs. Le club a récolté 91 points et fait les séries la saison dernière, mais avec une masse salariale de 68,9 M$ — au-dessus du plafond de 65 M$ — et seulement 4,7 M$ en banque, l'inaction s'explique en bonne partie : il n'y avait pas de place. Reste que perdre huit joueurs sans en signer un seul, c'est un alignement qui rétrécit à vue d'œil. Et il n'y a personne derrière le banc.
Blues de St. Louis
Zéro signature. Le club a raté les séries avec 81 points et 274 buts accordés, et dispose pourtant de 18,6 M$ en banque pour une masse de 63,9 M$ — donc de la place sous le plafond et de l'argent pour l'utiliser. Le silence est d'autant plus frappant que St. Louis a perdu cinq joueurs sur ce marché : Kucherov, Goodrow, Brodie, Granlund et Andrighetto sont tous partis ailleurs, dont deux qui figurent dans le top 10 de production de cet été. Un club qui se vide sans se remplir, alors qu'il en avait les moyens.
Lightning de Tampa Bay
Zéro signature, et la plus petite banque de la ligue à 515 763 $. Avec 78 points, 299 buts accordés — le pire total défensif du circuit — et une absence des séries, le club a des besoins criants mais visiblement aucun moyen d'y répondre. Colin Miller, Alex Goligoski et Devan Dubnyk sont partis; personne n'est arrivé. C'est le pire des deux mondes : une équipe qui a besoin d'aide partout et qui n'a pas un dollar pour en chercher. À moins d'un échange, l'attente risque d'être longue.
👀 Ce qu'il faut surveiller maintenant
Les rondes 1 à 5 sont derrière nous, mais le marché est loin d'être fermé. Voici les cinq dossiers qui vont définir la suite.
1. Les trois muets.
Buffalo,
St. Louis et
Tampa Bay n'ont toujours rien fait. Deux d'entre eux ont une vraie contrainte financière; St. Louis, avec 18,6 M$ en banque, n'en a aucune. Si Coude ne bouge pas dans les prochaines rondes, il faudra se demander ce qu'il attend.
2. Les 13 bancs vides. 41 entraîneurs sont libres. La moitié de la ligue doit en embaucher un. Les clubs qui bougeront en premier auront le choix; les autres prendront ce qui reste. Et comme le style d'un coach change la valeur de chaque joueur d'un alignement, ce marché-là compte autant que celui des joueurs.
3. Les réservoirs dormants.
Winnipeg (45,7 M$),
San Jose (39,7 M$),
Colorado (29,6 M$),
New Jersey (23,1 M$),
Anaheim (22,7 M$) et
Chicago (20,6 M$) ont tous des sommes considérables en banque. Dans une ligue où le plafond est de 65 M$, c'est de la puissance de feu inutilisée. Elle sortira à un moment ou à un autre — par l'agence libre ou par les échanges.
4. Les paris à valider. 61 joueurs signés cet été n'ont pas joué dans le circuit l'an dernier. D'ici Noël, on saura lesquels étaient des trouvailles et lesquels étaient des mirages. Les cas de Tom Wilson (5,35 M$ sur trois ans) et de Jean-Gabriel Pageau (18 clubs en course) seront les plus scrutés.
5. Le test de
Los Angeles. Leblanc a mis 18,75 M$ sur trois joueurs, dont 13,75 M$ sur des contrats d'un an. C'est la stratégie la plus agressive de l'été, et la plus facile à corriger. Si les Kings franchissent la troisième ronde, il sera un génie. Sinon, il repartira à zéro l'été prochain avec la même marge de manœuvre. Peu de DG peuvent dire ça.
Données : rondes 1 à 5 de l'agence libre (133 signatures, toutes les mises déposées), classement, séries éliminatoires, finances et statistiques individuelles de la Saison 23, cotes des joueurs et profils des entraîneurs de la FHSW. Aucune donnée extérieure à la ligue n'a été utilisée.